Pourquoi n’y a-t-il pas de (vrai) amour sans souffrance ?

Il n’y a pas d’amour sans un risque de souffrance, ni même sans souffrance. En effet, plus on avance dans la vie, plus on grandit, plus on fait d’expériences, plus on se rapproche aussi de la mort. Bien évidemment, on n’y pense pas tous les jours. Mais cela fait partie de la vie et est même intimement lié à la vie : par le fait même que l’on vive, on est attaché à la mort. Cela n’a rien de morbide. C’est simplement le fait de savoir que pour vivre, il faut prendre le risque de souffrir.

Souffrir nous fait peur – Aimer est un risque

Non seulement souffrir mais aussi avoir peur, aller vers l’inconnu. Si on veut éviter de souffrir et de se confronter à l’inconnu, on reste replié chez soi, on ne voit personne, on n’accepte rien, on n’évolue pas. Ce qui équivaut à ne pas s’autoriser à vivre. La vie, c’est se diriger vers un nouveau travail, s’engager, avoir des enfants, toutes choses qui impliquent de prendre le risque de souffrir. La personne peut nous blesser, de même que nos enfants ou notre conjoint peuvent le faire. Il se peut aussi que notre nouveau travail soit difficile et amène une forme de souffrance. Mais cela ne signifie pas pour autant qu’il n’y a pas d’amour ni de joie. Il est important de le comprendre, car si l’on ne veut pas prendre le risque de souffrir, on ne peut pas aimer. On ne peut pas continuer à avancer. Il est donc essentiel de savoir trouver le juste équilibre entre la souffrance que l’on est prêt à accepter pour parvenir à vivre vraiment – à vivre l’amour aussi – et celle que l’on ne peut accepter parce qu’elle est trop dure à supporter.

Je connais des personnes qui limitent au maximum leurs relations sociales, se replient sur elles-mêmes, parce qu’elles ont peur de souffrir. La relation sociale représente bien une forme de « pas dans le vide », mais si on s’en coupe, on se coupe de la vie.

S’il n’y a pas d’amour, il n’y a pas de souffrance, juste de l’indifférence

Pour vivre vraiment, il faut accepter d’aimer, et donc de souffrir aussi. Cependant il est très important de différencier une souffrance normale d’une souffrance destructrice.

Ainsi il faut éviter d’aller vers une forme de souffrance connue. Je rencontre parfois des personnes qui, n’ayant connu que la souffrance, avec des humiliations et autres, n’ayant eu que des exemples de couples qui se faisaient du mal, ont l’impression que, pour aimer, il faut souffrir. Ils ont développé une croyance qui associe l’amour à la souffrance, du type j’aime quand je fais souffrir ou j’aime quand je souffre. Cela renvoie aux relations du type persécuteur/sauveur, et l’on sait que ce n’est pas très sain. Le but n’est donc évidemment pas de rechercher la souffrance, mais de rechercher l’amour et d’accepter la souffrance qui peut lui être liée.

Qu’est-ce que la « bonne » souffrance ?

C’est quelque chose qui nous invite à nous dépasser, à grandir, à évoluer, parfois à changer. Mais ce n’est certainement pas une souffrance qui m’incite à me positionner en tant que sauveur ou victime.  Certaines personnes ont un fonctionnement qui les place toujours dans l’une de ces trois positions, ce qui les amène à faire jouer l’un des deux autres rôles (ou les deux autres) à leurs relations. Ce ne sont pas des relations d’égal à égal, mais des relations de dépendance. Si vous avez la sensation d’être tout le temps Victime par rapport à votre conjoint, c’est une souffrance qui ne vous fait que du mal, qui est « mauvaise ». Ceci est valable également si vous avez l’impression d’être toujours le Persécuteur (celui/celle qui est la mauvaise personne) ou le Sauveur. Ce sont des souffrances qui vous rongent de l’intérieur et peuvent finir par vous détruire.

Il est donc important de ne pas choisir ce type de souffrance, avec toute la difficulté que cela peut comporter, car c’est souvent notre inconscient qui nous place dans tel ou tel type de souffrance. Néanmoins, décider de ne pas se laisser dériver vers ce genre de souffrance est déjà un premier pas essentiel.

Vous êtes capable de supporter cette souffrance

Le second point consiste à se dire que l’on est capable de supporter cette souffrance, car elle nous aide à rester en adéquation avec nos valeurs, à être ce que nous sommes, voire à nous aider à être encore plus en accord avec nos valeurs. Prenons l’exemple des enfants. Cela demande de faire des sacrifices (grasse matinées et autres) mais on accepte de les faire car on sait que c’est pour leur bien, que l’on construit quelque chose qui permettra d’avoir, plus tard, une famille heureuse et joyeuse. Dans ce cas, j’accepte cette souffrance parce qu’elle est en accord avec mes valeurs, comme par exemple je souhaite que mes enfants grandissent bien. Mais il ne faut pas que ce soit un sacrifice de soi. Les mères qui sont en burn out maternel vont au-delà de leurs valeurs, se détruisent elles-mêmes pour tout donner à leurs enfants. Ce n’est pas une bonne chose car au bout d’un moment elles n’ont plus rien à donner du tout. Il convient donc de trouver le juste équilibre entre une souffrance que l’on est prêt à accepter parce qu’on en a les ressources, qu’on se sent suffisamment bien pour l’assumer, et celle qui nous consume. Par exemple sacrifier une soirée, même si cela nous coûte un peu, mais parce qu’on pense que c’est la bonne chose à faire à ce moment-là, et se morfondre tous les soirs en regrettant que ce soit « toujours les autres qui sortent ». Dans ce second cas on est dans la souffrance destructrice.

Je vous invite à réfléchir sur votre rapport à la souffrance et à l’amour : êtes-vous dans une situation qui vous a incité à prendre le risque d’aimer, et la souffrance que vous avez acceptée de ce fait vous semble-t-elle juste et propice à votre évolution ? Ou avez-vous au contraire la sensation que la souffrance prend le dessus et détruit votre amour ? C’est là qu’il faut faire attention…

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