Votre enfant hurle durant son sommeil, se réveille brusquement en pleurant ou manifeste une réelle phobie du noir… Les exemples se multiplient autour de nous. En effet, l’innocence et la tranquillité d’esprit marquant le monde de l’enfance ne sont pas épargnées par ces phénomènes d’angoisse troublants. Cela constitue donc une question majeure tant posée devant les spécialistes de la psychologie et de l’éducation…

Nos cauchemars, c’est notre âme qui balaye devant sa porte”

 La citation de Jacques Deval (dramaturge et scénariste français) vient renforcer la réalité scientifique expliquant que les cauchemars constituent un facteur de croissance inévitable dans la vie de l’enfant. Comme le rêve, ils permettent à l’enfant de faire face à ses craintes, ses déceptions et ses désirs non exprimés, en confrontant chaque jour un nouvel élément découvert dans le monde des adultes, souvent lié à la peur de perdre un être cher, d’être abandonné, la peur du milieu scolaire et même la mort… Cela peut activer dans son petit cerveau les monstres et les horribles créatures de la nuit. On peut aussi être confronté à des maux de ventre, des difficultés respiratoires et la sensation d’être malade régulièrement, tout ce que l’on assimile à des crises d’angoisse en général. Pour aider votre enfant, au lieu de nier l’existence des monstres, par exemple, il faut l’aider à mettre des émotions sur ces images et souvenirs terrifiants, et ne pas minimiser ce qu’il ressent tout en le rassurant.

“Toute angoisse est imaginaire; le réel est son antidote”

 Le philosophe français, André Comte-Sponville, disait vrai! Au lieu d’insister sur le fait qu’il n’y a pas de place dans notre monde pour les monstres, sauf dans les contes imaginaires, il faut essayer de les faire disparaître progressivement, en discutant avec votre enfant sur ses conflits intérieurs et en mettant des mots sur ce qu’il ressent. Certes, les cauchemars et angoisses demeurent une épreuve très inquiétante pour l’enfant et éprouvante pour les parents. Cependant, il ne faut pas précipiter les choses en s’inquiétant tout de suite et en prenant les grands moyens (sauf dans le cas où les choses sortent réellement du contrôle et font énormément souffrir votre enfant).

Ne niez pas ses émotions, tenter plutôt de :

–          Le rassurer et écouter ses peurs. Votre présence et votre amour lui montrent que vous êtes solide;

–          mettre en œuvre un anti-cauchemar sous forme de rituel avant d’aller au lit, en racontant à votre enfant une histoire, en répétant une phrase magique et amusante chassant les mauvaises créatures de la nuit;

–          vous concentrer sur les heureux événements qui l’attendent demain ou dans quelques jours: sortie, fête, journée en famille…

–         nommer sans détour ce qu’il ressent : « Tu as peur de mourir, d’être abandonné… mais maman/papa est là, il ne peut rien t’arriver ».