Réussir à parler de la fausse-couche dans son couple

 

> Comment surmonter et anticiper les crises de couple ?

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Transcription de la vidéo :

Un sujet dont on parle peu, et qui pourtant est régulièrement abordé dans le creux des conversations en thérapie, dans le secret des conversations en thérapie, ce sont les fausses-couches.

On en parle peu, car il y a déjà la question du terme. Une fausse-couche en fin de terme, en général les proches sont au courant de la grossesse, on va en parler plus facilement. C’est souvent d’ailleurs accompagné d’un enterrement, de pleins de choses qui vont faire que c’est un évènement qui va prendre une partie dans l’histoire de la famille, même dans la famille plus large.

Quand la fausse-couche est en début de terme, on ne l’a pas encore annoncé à des proches, ou le reste de la fratrie parfois n’est pas forcément au courant. Parfois cette fausse couche va rester un non-dit, quelque chose dont on ne va pas parler en se disant que ce sont nos souffrances à nous en tant que couple, ou à moi si je suis seule. Mais je ne vais pas forcément en parler parce que c’est pas la peine soit d’inquiéter, soit d’étaler notre vie à tout le monde. Cela c’est chaque couple, chaque personne qui va le vivre différemment.

Maintenant justement comme je parle de couple, c’est important de bien savoir que la fausse-couche peutêtre apparentée au deuil d’un enfant. Quand je dis « peut être », cela veut dire que la souffrance ressentie va être différente en fonction du terme, parce que vous serez plus ou moins attaché à l’enfant, en fonction des circonstances. En revanche, il y a quand même un travail de deuil à faire, même si c’est un travail petit qui se fera rapidement.

Parfois, cela peut créer des incompréhensions dans le couple, parce qu’on se rend compte qu’on ne vit pas la chose de la même façon. Quand ça a pu être très douloureux pour un des membres du couple, par exemple pour l’homme qui depuis longtemps souhaite un enfant ou qui attend depuis des années, et là enfin il y avait cette joie. Puis tout d’un coup, on vous dit que c’est une fausse-couche. La femme le vit plutôt bien parce que ce n’était pas forcément une période dans sa vie où ça allait, elle aurait préféré attendre. Du coup, il va peut-être y avoir cette incompréhension de voir qu’on ne vit pas les choses de la même façon, et quand bien même on souffrirait autant, souvent on se rend compte qu’on est différent et qu’on vit les choses différemment. Ça peut provoquer des incompréhensions, ça peut provoquer parfois on a l’impression que l’autre est ingrat, que l’autre ne souffre pas, et on comprend pas pourquoi l’autre est comme ça. S’il y a besoin de se faire accompagner, pourquoi pas, d’avoir un regard extérieur qui nous aide à comprendre nos réactions.

Mais déjà en amont, vous-même, c’est important de vous dire, on va vivre les choses différemment, et c’est important qu’on puisse aussi se dire ouvertement la façon dont on le vit, et savoir aussi si l’autre vit son deuil à sa façon, donc ça c’est la première chose.

La deuxième chose, quand c’est quelque chose qui n’a pas été dit, quand l’entourage n’est pas au courant, cela peut être votre choix, mais sachez que ce n’est pas une honte. Il y a énormément de couples qui traversent cela, beaucoup plus que l’on imagine, donc ce n’est pas une honte.

Sachez que cela peut aussi laisser des traces pour le reste de la fratrie, même un enfant qui pourrait venir après. C’est important que ce soit quelque chose qui ne soit pas tabou. Que vous décidiez de ne pas en parler, pourquoi pas, mais je pense que s’il s’agit d’une fratrie, cela peut être important d’en parler parce que les enfants le ressentent. Moi je me souviens de ma fille qui était presque au courant avant moi de ma grossesse pour sa petite sœur, donc pour vous dire que les enfants ressentent énormément.

Ainsi, même si la fratrie n’a pas été affecté, ça peut valoir le coup de se poser pour leur en parler, pour dire que ça a fait partie de votre vie familiale, de leur vie de frères et sœurs. Il ne faut pas que ce soit tabou. On peut être discret sur le sujet, mais attention à ce que ce ne soit pas tabou parce que rien n’est tabou.

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  1. Bonjour et merci pour votre discours, ont essais depuis un moment avec mon compagnon à avoir un bébé et sans le savoir, il me met la pression, j’ai eu deux fausses couches et j’ai l’impression que j’ai commis une grave faute, on a peu parlé de ça, il essaye toujours de me dire que tout va bien et qu’il n’est pas inquiété et tous mais je sens que ça lui a fait de la peine et ça se répercute sur notre couple !